|
La
perle nacrée du Maroc
Fès
(Fas), la deuxième ville impériale.
Les
qualificatifs ne manquent pas pour désigner
Fès - la plus ancienne ville makhzen et capitale
spirituelle du Maroc, ses splendeurs architecturales
et artistiques, son rayonnement intellectuel et
religieux. S'il lui fallait un symbole, la medersa
(qui vient de " madrassa ", c'est-à-dire
" école ") serait sans nul doute
le plus parlant. Ce centre d'enseignement des sciences
islamiques, né en Orient puis introduit au
Maroc par les Almohades, devient une uvre
d'art à part entière sous la dynastie
des Mérinides. La richesse et la |
profusion
des matériaux égalent celles des
palais
: bronze, bois de cèdre, marbre blanc, vitraux
anciens, zelliges, mosaïques, stucs ciselés
et arabesques, rien n'est trop beau ni trop coûteux
pour ces lieux où l'étude élève
l'âme vers Dieu. Vous verrez beaucoup de ces
îlots silencieux, perdus dans le brouhaha des
souks, à l'abri de portails ouvragés.
La plus imposante et la plus luxueuse, Bou Inania
(bâtie entre 1350 et 1357 sur les ordres du
sultan Abou Inan), à quelques encablures de
la majestueuse porte Bab-Bou-Jeloud. Mais aussi, de
proportions plus modestes, la sublime médersa
El-Attarine élévée en 1323 par
le sultan Abou Saïd), à un jet de pierre
de la mosquée de la Qaraouiyine. |
Ou
encore, la médersa Es-Sahrij qui décline,
sur les murs de son patio central, les formes et les
matériaux les plus raffinée. Dans chacune
d'elle, on retrouve une structure identique : une
cour centrale avec sa fontaine, un ensemble de bâtiments
tout autour, quelques Iwans (des porches sous lesquels
professaient les enseignants), un oratoire doté
d'un mihrab pour les prières quotidiennes.
S'y enseignait le droit selon les quatres écoles
sunnites, le fiqh (droit musulman fondé sur
le Coran, l'étude de la tradition et la sunna)
et, plus prosaïquement, les sciences, les mathématiques,
l'astronomie ou la médecine
|